bonjour a tous... voila, j'ai trouve le temps et l'endroit pour vous faire un compte rendu de mes premiers jours de voyage. Helas, les conditions sont telles que je ne peut pas mettre de photos
pr l'instant...c'est du texte dont il faudra vous contenter... aux courageux, bonne lecture:
Voila, ma semaine à Sapporo s’est terminé, j’ai eu l’occasion de visiter un peu la ville, le jardin botanique, de faire mes excursions à Noboribetsu (la vallée de l’enfer) et Furano et ses champs
de lavande, mais aussi dans un étrange petit safari où les animaux sont en liberté et en contact avec les visiteurs … étrange… (j’ai touché des Walabi … je suis sur que Cécile en Australie n’en
as pas touché …) et je suis parti Mardi 19 à 9h19 pour Sendai… deux changements, un tunnel sous la mer de 54 km de long jusqu’à 204 m de profondeur, de jolis paysage de volcans et de lac et de
mer, et huit heures de train plus tard, me voici à Sendai :
Sendai, c’est un peu mon Lost in translation à moi, mais sans Scarlett Johanson… dommage… Et oui, pourquoi maintenant ? pourquoi cette impression de décalage ? Et bien probablement
parce que jusque là, j’étais toujours accompagné. Là, je suis seul, après mes 8 heures de train hypnotisantes, la chaleur, douce et un peu humide, mon ventre plein de sashimis, la tête hélas
encore pleine des voix de petite fille quasi électro-acoustiques des vendeuses dans le train et des haut parleurs, je me promène autour de la gare la nuit tombée pour m’acheter mon petit
déjeuner, mais j’erre finalement sans but dans cette gare qui une fois de plus ressemble à un centre commercial géant… des galeries sans fin de jeu type « pinces » comme à la foire, qui
font des bruits d’enfer… mais toute la ville est ainsi, baroque ! au sens excentrique et foisonnante. C’est une ville illisible et incompréhensible (vous me direz, c’est normal, je ne sais
pas lire le japonais)… et le monde, nombreux et tout aussi baroque … mon dieu … les looks qu’on peux voir… déjà, en descendant du train, dans la rue, je tombe sur une file de jeunes dont la
plupart avait des écharpes roses, et étaient habillés comme … comme … je me suis dit : oh mon dieu, serait-ce un rassemblement tecktonik, est-ce que le rayonnement culturel de la France a
atteint le Japon même ?! bon ben non, c’était pas ça, mais je sais toujours pas ce que c’était… non mais franchement, ce qu’on peut voir ! si Patrick Juvet et Paris Hilton avait des
enfants, ce qui est peu probable, ils seraient japonais… Les enfants de Paris Hilton et de Tokyo hôtel aussi, bien que toujours aussi peu probable. Et on voit aussi du Patrick Juvet/Tokyo Hôtel…
bref, c’est terrible.
Voilà, sûrement assez de raison pour être lost in translation… et encore, je suis pas jet laggé…je n’imagine même pas quelqu’un qui débarque à Tokyo directement après son vol…
Mercredi 20 : J’ai passé ma première nuit depuis deux mois dans un vrai lit avec un matelas ! enfin ça reste un matelas Japonais hein … Le matelas Japonais est à la literie ce que les
sièges de voitures allemandes sont… aux sièges de voitures… c’est à dire, ferme ! C’est amusant, ce n’est pas le seul point commun entre le Japon et l’Allemagne … non non non, je ne parlerai
pas de l’histoire ! mais un japonais m’a dit que le Japon avait longtemps pris exemple sur les méthodes et l’ingénierie allemande !
Venons en aux visites primordiales de la journée : 8h, direction la baie de Matsushima. Je prend un bateau de visite… je suis seul, j’ai le droit à la visite en anglais…
Que dire … Matsushima, Ah ! Ah, Matsushima Ah ! Matsushima Ah Ah ! pour citer en substance le haiku du célèbre poète Japonais Basho. Un haiku, c’est un poème japonais de 3 lignes,
de 8 syllabes je crois, ultra minimaliste. C’est je crois quasi inappréciable pour un occidental, et encore moins reproductible, même si ça parait ultra simple… Bref, il a sorti cet haiku après
avoir été à court de mot devant cette vue qui fait partie des Trois plus belles vues scéniques du Japon !
Il s’agit d’îles (plus de 200 !) sculptées par le vent et la marée, et peuplées de pin. Les formes sont étranges, les arbres sont naturellement taillés comme des bonsaïs, et en effet, c’est
très très joli ! Arrivé au port, je prends un pont pour aller sur une île et m’y promener… c’est une ballade formidable ! et l’ambiance est assez incroyable… en fait, il y a des
millions d’insectes qui font tous un barouf de tout les diables, genre scies électriques ou que sais-je. Et c’est pas une hyperbole, il y a vraiment des millions de mushi qui font mal aux
oreilles ! (plus des énormes abeilles… brrr) Mais bon, ça donne encore plus un aspect irréel à tout cela.
Je me ballade après dans la ville, je passe dans une forêt de Cryptomeria géants, l’entrée d’un temple que je ne visite pas. C’est magnifique et appréciable par cette chaleur et ce soleil. Je
viens de rentabiliser en une journée mon chapeau, franchement.
Mais cette visite n’est rien à coté de celle de l’après-midi… Je rentre à Sendai et repars pour le nord de la ville pour visiter le temple Rinnoji…
Comment dire… vous arrivez devant une grande allée puis des escaliers, escorté par des petits bouddha sans bavoir cette fois. Vous prenez votre courage à deux mains et montez (oui, car vous avez
déjà beaucoup marché le matin…) pour tomber sur tintiiiin, un temple … finalement sans grand intérêt quoique beau… et derrière ce temple, un jardin japonais … mon premier … et là, c’est tout
simplement le plus beau jardin que j’ai jamais vu de ma vie. Sincèrement ! On pourrait prendre des milliers de photos tellement les vues sont belles, tellement tout est parfait. Je
citerai avec conviction ses vers pourtant galvaudés de Baudelaire, mais qui s’appliquent parfaitement pour moi ici : « Ici tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe, calme et
volupté ». Ouiii, je cite Beaudelaire, mais c’est pour remonter le niveau culturel du blog qui avait fortement baissé avec Paris Hilton. La prochaine fois, ça sera du
Kierkegaard !
En parlant philosophes, ça fait deux japonais qui me disent qu’ils sont fans de Gilles Deleuze et Michel Foucault et qu’ils sont très célèbres au Japon … alors je suis agréablement
surpris ! Bon, faut dire, un des deux était architectes et l’autre était ancien agriculteur bio (Il connaissait aussi José Bové ( !) )… Le Japon … toujours aussi surprenant…
Le soir, je retourne à la gare pour manger … et je me trompe de niveau … j’atterris d’abord dans une salle de jeux d’arcanes … Je vous jure, ça fait trop peur ! Il y a du bruit partout,
des lumières partout, c’est affolant. Et encore, ce n’est rien à coté de la salle de Pachinko sur laquelle je suis tombé après… Je vous promets que vous êtes obligé d’ouvrir grand les yeux et de
rester bloqué. On m’avait pourtant expliqué que le pachinko, c’était un jeu de hasard avec des billes qu’on lance genre flippeur, mais on ne fait rien d’autre que lancer les billes… C’est l’enfer
… Ca fait un potin d’enfer, ça clignote dans tout les coins et surtout, vous voyez toutes ses pauvres âmes complètement aliénées devant les écrans… sûrement parce que, complètement aliénées par
le travail, elles viennent se défouler ici… Enfin je n’ai jamais rien vu d’aussi proprement abrutissant ! Et ça doit être aussi addictif que disons, les jeux pré-installés sur ordinateur
genre Solitaire, Spider Solitaire et autres Dame de pique, pour certaines personnes … (je ne vise personne… hein Coco ?)
Jeudi, la visite programmée étant Hiraizumi, je me lève sous la pluie et prend le train, grâce à mon super Japan Rail Pass qui me permet d’utiliser le train à volonté … c’est très agréable de
passer juste en montrant un bout de papier, sans payer, sans prendre de ticket … et j’arrive à Hiraizumi. Hiraizumi, c’est une ancienne capitale du Japon féodale, qui possédait beaucoup de
temples … mais avec le temps et les revers de la fortune, ce n’est plus qu’une toute petite ville et la plupart des temples ont brûlés … mais bon, j’y serais pas allé s’il n’en restait pas
quelques uns… premier visite : le Chusonji… Ca commence par une magnifique allée de Chamaecyparis je crois… c’est vraiment magnifique. Les arbres sont énormes et l’ambiance humide rajoute au
charme. Donc on escalade cette allée et au fur et à mesure, on tombe sur des petits et des moyens temples, et à la fin, on tombe sur des gros temples. Qui ne sont pas si extraordinaires que ça
par ailleurs, mais bon, dans le cadre, c’est joli. C'est-à-dire que l’intérieur des temples, c’est toujours un autel avec un bouddha, le plus souvent en bois avec feuilles d’or, c’est joli mais
ce n’est pas extraordinaire… Ceci dit, à Hiraizumi, il y a un autel entièrement en or, très grand, et c’est vraiment impressionnant (je crois que les incrustations de nacre ( ?) un peu
partout est encore plus joli que l’or …). Ensuite, direction le second temple : Motsuji, qui vaut plus par son jardin. Un jardin très ouvert, très joli, mais bon, moins intéressant que le
Rinnoji de Sendai. Je retrouve ici notre ami Basho le maître de l’haiku. Cette fois, c’est : « l’herbe d’été, c’est tout ce qui reste, des rêves des guerriers de jadis »… Ben oui,
il y a eu une grande guerre ici…
Somme toute, une visite bien sympathique et bien humide…
Vendredi : Je pars pour Nikko, au nord de Tokyo, dans les montagnes, et haut lieu du bouddhisme Japonais… des temples, toujours des temples … qui sont encore plus beaux que ceux d’Hiraizumi.
Le problème est que ça devient très touristique… Il y avait beaucoup de monde en ce jour de pluie pourtant… Ca gâche un peu la visite. De toute façon, je ne trouve pas les temples absolument
époustouflants. Enfin, si quand même, parce qu’à Nikko, ils sont sculptés dans tous les recoins, et peins de toutes les couleurs. Ce sont des milliers et des milliers de détails, et c’est trop!
C’est trop décoré… pas du tout dans la tradition Zen épuré pour le coup… (J’ai encore croisé trois statues en or… 8 mètres de haut chacune… J’avoue, là, c’est très impressionnant…). Ce n’est pas
entièrement satisfaisant… et je crois bien que le clergé bouddhique est encore plus vénal que le clergé chrétien. Il y a des magasins de souvenirs et de charmes porte-bonheur absolument partout…
Je crois bien que Bouddha à oublier de virer les marchands du temple (littéralement) avant de partir… Bref, ma misanthropie reprenant le dessus, je décidai de quitter la masse qui me faisait
horreur (d’autant plus que j’en faisait partie) et m’enfonçai dans un chemin qui montait dans la montagne. Je n’ai pas regretté. Soudainement, plus personne (du tout !) sur le chemin en
pierre qui s’enfonce dans une forêt bordée une fois de plus par des conifères géants. Un temple par-ci par là, plus petit, plus simple et plus joli finalement dans le sous-bois. Une ballade
magnifique.
Finalement, ayant beaucoup marché, je me retourne à ma chambre d’hotel, qui alors qu’à Sendai, donnait sur les rails du Shinkansen, donne ici sur de la verdure et rien que de la verdure.